Source:en-former.com

Après avoir installé près de 1 GW de nouvelle capacité éolienne et solaire l'an dernier, le déploiement des énergies renouvelables au Canada devrait bondir d'un record de 5,6 GW en 2022. Ce serait la première fois que le pays atteindrait l'objectif de 5 GW/an que le Canada Selon l'Association des énergies renouvelables, il est nécessaire de respecter l'engagement du pays à zéro carbone net d'ici 2050.
Le Canada a adopté des objectifs ambitieux en matière de changement climatique, notamment la décarbonation complète du secteur de l'électricité d'ici 2035. Cependant, la transition énergétique au Canada est à la fois plus simple et plus complexe que dans d'autres pays, en raison de son énorme potentiel d'énergie propre, de son rôle de grand producteur d'hydrocarbures et de sa relations énergétiques avec les États-Unis.
Production de combustible fossile
En 2020, la production canadienne de pétrole brut était de 4,04 millions de b/j, dont 2,84 millions de b/j provenaient des sables bitumineux. La production totale d'hydrocarbures liquides a dépassé 5 millions de b/j. Le Canada se situe ainsi au premier rang des producteurs et exportateurs de pétrole. Le pays a également produit 165,2 milliards de mètres cubes de gaz et près de 40 millions de tonnes de charbon.
Les sables bitumineux du Canada sont le plus grand gisement de pétrole brut au monde, selon l'Association canadienne des producteurs pétroliers, mais l'exploitation et le traitement des sables bitumineux sont également l'un des moyens de production de pétrole les plus intensifs en carbone. La majorité de la production excédentaire de pétrole et de gaz du Canada est actuellement exportée aux États-Unis, où elle doit concurrencer le schiste américain.
"Parmi les plus propres au monde"
Cependant, le secteur canadien de l'électricité est beaucoup plus écologique que ne le laisse supposer sa production de combustibles fossiles. Le Canada possède une énorme ressource d'énergie renouvelable dans ses nombreuses rivières, ce qui fait de l'hydroélectricité de loin la plus grande source de production d'électricité au pays.
En fait, le Canada, en 2020, était le troisième plus grand producteur d'hydroélectricité au monde derrière le Brésil et la Chine. Fin 2020, le Canada disposait de près de 81 GW de capacité hydroélectrique.
De plus, la capacité hydroélectrique du Canada est loin d'être entièrement développée. Le rapport de situation 2021 de l'International Hydropower Association cite plus de 4 GW de projets hydroélectriques en construction. Le potentiel technique d'une nouvelle centrale hydroélectrique au Canada est d'environ 160 GW, soit le double de la capacité actuellement installée.
L'hydroélectricité domine la production d'électricité au Canada
Système d'alimentation verte
L'abandon progressif de la production au charbon est également bien engagé - à 35,6 TWh, la production au charbon en 2020 représentait moins de la moitié de celle générée en 2011 - et l'expansion de l'éolien et du solaire s'accélère. À la fin-2021, la capacité éolienne installée avait atteint 14 304 MW et le solaire à grande échelle 2 399 MW.
Avec sa forte proportion d'hydroélectricité, d'énergie nucléaire et de secteurs éolien et solaire en pleine croissance, la production d'électricité du Canada est à plus de 80 % à faible émission de carbone, ce qui en fait, selon les termes de l'Agence internationale de l'énergie, « l'une des plus propres au monde ».
Relations énergétiques américaines
Tout comme le Canada fournit une grande partie de ses excédents de pétrole et de gaz aux États-Unis, les possibilités d'exportation d'électricité à faible émission de carbone sont importantes. Les exportations canadiennes d'électricité vers les États-Unis réduisent l'intensité en carbone de son voisin du sud, où la proportion d'électricité à faible émission de carbone est beaucoup plus faible, à un peu moins de 40 % .
Les réseaux électriques américain et canadien ont déjà un niveau d'intégration exceptionnellement élevé avec environ trois douzaines d'interconnexions bidirectionnelles majeures en service. Ces interconnexions, réparties d'est en ouest, ont vu en 2020 l'importation et l'exportation de 77,3 millions de MWh d'électricité, le sens principal des flux étant le sud.
Le commerce de l'électricité en hausse
Il y a d'énormes avantages à cette intégration. Le Canada gère ses réservoirs hydroélectriques de façon conservatrice afin de s'assurer que des réserves suffisantes sont maintenues pour faire face aux années où les niveaux de précipitations sont faibles. Cela signifie également qu'il y a un surplus d'énergie disponible lorsque les niveaux de précipitations dépassent les niveaux de référence des services publics.
La combinaison du stockage dans un réservoir et de l'intégration au réseau signifie que la production éolienne variable aux États-Unis, par exemple, peut être échangée contre de l'hydroélectricité ferme au Canada.
Ce commerce d'électricité verte se développe. L'interconnexion Appalaches-Maine, par exemple, qui devrait être achevée en 2023, fournira environ 10 TWh/an d'hydroélectricité canadienne au Massachusetts et au Maine. La ligne de transmission New England Clean Energy Connect de 1,2 GW, qui est presque terminée, apportera plus d'hydroélectricité du Québec à la Nouvelle-Angleterre.








