Source:en-former.com

La France n'a pas atteint son objectif d'énergies renouvelables pour 2020, mais prend des mesures pour se remettre sur la bonne voie. Il a relevé ses objectifs en matière d'énergies renouvelables, visant à décupler l'énergie solaire et à doubler la capacité de ses parcs éoliens terrestres d'ici 2050.
En particulier, l'éolien offshore est appelé à jouer un rôle de plus en plus important dans le secteur de l'électricité dominé par le nucléaire du pays. Le Pacte éolien offshore, signé en mars 2022 entre le gouvernement et l'industrie, vise au moins 18 GW d'éolien offshore d'ici 2035 et 40 GW d'ici 2050. Cependant, la France ne dispose actuellement que de 480 MW d'éolien offshore en exploitation sur le projet de St Nazaire, qui n'a produit sa première puissance que l'année dernière.
Pour stimuler le développement, le gouvernement a lancé en 2021 et 2022 cinq appels d'offres pour six nouveaux parcs éoliens d'une capacité totale de 4,2 GW, dont 750 MW pour les parcs éoliens flottants. L'objectif est de mettre aux enchères un minimum de 2 GW par an de nouvelles capacités à partir de 2025. À ce jour, un total de 7 GW a été mis en adjudication ou est en cours de développement. La ressource éolienne offshore de la France est tout simplement énorme.
Selon le Global Wind Energy Council, le potentiel technique du pays comprend 169 GW d'installations à fond fixe et 454 GW de parcs éoliens flottants. Le recentrage politique sur cette ressource promet une contribution massive à la fois à la sécurité d'approvisionnement énergétique de la France et à ses ambitions zéro carbone.
Projet de loi sur l'accélération des énergies renouvelables
Les longues procédures d'autorisation sont un véritable obstacle au déploiement des énergies renouvelables en Europe, un défi mis en évidence par la Commission européenne et des organisations industrielles telles que WindEurope. En France, il faut environ huit à dix ans pour développer un parc éolien offshore, plus long que dans d'autres pays européens, mais le gouvernement a maintenant pris des mesures pour accélérer le développement.
En février, l'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté le projet de loi sur l'accélération des énergies renouvelables. Le projet de loi introduit un certain nombre de mesures visant à simplifier les demandes et les permis et à limiter les recours. Il donne aux municipalités locales le pouvoir d'identifier les zones d'accélération renouvelables, dans lesquelles l'autorisation sera accélérée entre un et trois mois. Par ailleurs, les projets d'énergies renouvelables auront le statut d'intérêt public majeur sous certaines conditions, qui restent à définir.
Il vise également à libérer des terrains non écosensibles, par exemple des terrains en bordure de grands axes routiers et dans de grands parkings pour l'installation de panneaux solaires.
Nouveau régime éolien offshore
Les propositions semblent particulièrement efficaces pour le développement accéléré de l'éolien offshore. Le projet de loi rend obligatoire l'aménagement du territoire pour les sites éoliens offshore et les raccordements au réseau jusqu'en 2050. L'aménagement du territoire doit être adopté en 2024 en même temps que le cadre énergétique pluriannuel du pays.
Le projet de loi regroupe également les débats publics sur des zones particulières du littoral, plutôt que d'exiger que chaque projet éolien individuel passe par le processus. En outre, il établit un régime juridique unique pour les espaces maritimes de la France, réunissant le domaine public maritime littoral et la zone économique exclusive élargie. Ces mesures pourraient permettre d'économiser jusqu'à deux ans sur le temps de développement du projet.
Pour la première fois, il crée un nouveau régime juridique pour les îles artificielles et les installations et structures flottantes.
La Commission européenne a approuvé en février un plan visant à soutenir jusqu'à 2,08 milliards d'euros pour un parc éolien flottant d'une capacité d'environ 250 MW au large des côtes sud de la Bretagne. Les développeurs intéressés participeront à un appel d'offres plus tard cette année avec une mise en service du projet prévue vers 2030.
Le projet de loi rend également possible l'autorisation des raccordements électriques des parcs éoliens offshore en autorisant des dérogations aux lois existantes applicables aux littoraux. De plus, le projet de loi permet au gouvernement d'ordonner aux gestionnaires de réseau de transport d'investir dans les raccordements au réseau en prévision des décisions d'investissement financier pour les parcs éoliens offshore.
Mesures financières
La levée de fonds pour des projets éoliens offshore a également retenu l'attention. Le projet de loi introduit un cadre juridique pour les contrats d'achat d'électricité (PPA), qui sont des accords conclus directement entre le développeur du parc éolien et un utilisateur final, généralement une société.
Cela rend également possible le double usage des AAE et des contrats pour différences dans les futurs appels d'offres dans ce que l'on appelle une « offre mixte ».
Pour les développements des énergies renouvelables plus largement, il comprend une clause de partage de la valeur des énergies renouvelables, qui devrait se traduire par la participation obligatoire à deux fonds dédiés au financement des mesures nationales et locales de transition énergétique.
Les prochaines étapes du projet de loi sont l'adoption du décret d'application, qui est attendue cette année ou l'année prochaine. Une stratégie nationale maritime est prévue pour adoption en juin et des documents d'aménagement du territoire en juillet 2024, à l'issue d'une consultation publique.
Partant d'un point de départ de 480 MW en exploitation, la nouvelle loi devrait placer la France sur la voie d'un développement éolien offshore plus rapide, rendant son objectif de 18 GW d'ici 2030 plus réalisable.








