Alors que la société publique Eskom multiplie les initiatives pour améliorer la qualité de son réseau électrique, Ford Motor Company of Southern Africa (FMCSA) veut devenir plus autosuffisante en énergie. La filiale du constructeur automobile américain Ford lance son « Projet Blue Oval ». D’ici 2024, ce projet permettra à la branche sud-africaine de l’entreprise de déconnecter son usine de Silverton à Pretoria du réseau électrique national sud-africain.
Dans le cadre de cette initiative, le constructeur automobile équipera son usine d’assemblage de voitures à Pretoria d’un système solaire photovoltaïque de 13,5 MWc. Il s’agira d’un abri d’auto couvrant l’air de la station de 4 100 véhicules. Le système, qui sera composé de 31 000 panneaux solaires, nécessitera un investissement de 135 millions de rands sud-africains, soit près de 88 millions de dollars. Mais cette installation ne pourra répondre qu’à 30 % des besoins annuels en électricité de l’usine de Silverton. D’où la nécessité de trouver d’autres sources d’approvisionnement en électricité.
Diversifier les sources d’énergie renouvelables
L’abri d’auto équipé de panneaux solaires sur le site d’assemblage de Pretoria sera construit par SolarAfrica, un fournisseur hors réseau basé à Irene dans la province de Gauteng en Afrique du Sud. Ford inscrit ce projet dans ses ambitions en matière de changement climatique.

Le système solaire photovoltaïque fournira 30% des besoins en électricité de l’usine d’assemblage de Ford à Pretoria ©FMCSA
« Je suis fier d’annoncer que le projet de l’Ovale bleu en Afrique du Sud établira une référence pour l’objectif de ford Motor Company d’utiliser 100 pour cent d’énergie renouvelable d’origine locale pour toutes ses usines de fabrication dans le monde entier d’ici 2035. Cela nous rapproche également de la neutralité carbone à l’échelle mondiale d’ici 2050, à la fois pour nos installations dans le monde entier et pour notre base d’approvisionnement », a déclaré Andrea Cavallaro, directrice des opérations du groupe Ford International Markets.
Afin d’approvisionner ses installations sud-africaines en électricité, le constructeur automobile investira nécessairement dans d’autres sources d’énergie renouvelables telles que la biomasse, le biogaz et le biogaz de synthèse. Ces derniers seront produits à partir de déchets non fermentescibles réutilisés via un système de pyrolyse. En investissant dans cette source de production d’énergie, l’entreprise réduira la quantité de ses déchets mis en décharge.
Vers la réutilisation des eaux usées traitées
La politique de gestion durable des ressources de Ford s’adresse à un autre secteur non moins crucial en Afrique du Sud, à savoir l’eau. Le fabricant prévoit d’investir dans la réutilisation des eaux usées traitées. « L’eau est (...) une ressource très précieuse et rare en Afrique du Sud. Il est trop précieux pour être utilisé une seule fois, nous devons donc changer fondamentalement la façon dont nous utilisons l’eau, en particulier dans le secteur manufacturier », explique David Sonnenberg, chef de projet de l’Ovale bleu.
Au sein de la nation arc-en-ciel, les ressources en eau sont inégalement réparties dans l’ouest du pays, qui a moins de ressources que l’est. Mais avec le changement climatique, le stress hydrique s’est répandu dans le pays avec une baisse des niveaux d’eau (en 2019) de 10 à 60% par rapport à 2018. Le pays doit maintenant compter sur des ressources en eau non conventionnelles telles que la réutilisation des eaux usées traitées et le dessalement.









